« Une Basilique est un temple jouissant d’une primauté d’honneurs et de privilèges que le Saint Siège seul peut conférer ».
Les travaux de la reconstruction de la chapelle de la Délivrande s’achevèrent en 1878. Il restait à installer les éléments de décoration, les stalles, les vitraux et l’orgue, on peut estimer qu’en 1886, la nouvelle chapelle est achevée. Le Père Picot qui avait pris la suite du Père Saulet mourut en 1886 !
Le Père Lemonnier était le 3° supérieur et nous découvrons à la lecture du récit de la journée du 22 août 1895 : « Avouons-le sans détour, les angoisses du temps présent ont fait hésiter et l’autorité diocésaine, et les Missionnaires serviteurs de Notre-Dame ; ils se sont demandé s’il fallait exposer aux profanations d’un siècle impie un temple consacré, s’il était permis de tenter des rapacités sacrilèges, en montrant à tous les regards les dons prodigués, depuis un quart de siècle, non seulement par les riches, mais par les ouvriers et les pauvres, à ce vénéré sanctuaire ».
Finalement décision est prise de solliciter la consécration du nouveau sanctuaire et Monseigneur Hugonin évêque de Bayeux en fait l’annonce dans sa lettre pastorale du 25 juillet 1895.
Mais il va encore plus loin puisqu’il proclame « une seconde et plus rare faveur ».
Dans le bulletin de la Semaine Religieuse du Diocèse du 30 juin 1895 il a pris soin d’énumérer tout ce qui concerne Notre-Dame de la Délivrande : ses titres, son ancienneté, la multitude des miracles, la confiance des fidèles, l’extension de son culte à travers le monde. Et il ajoute que le 10 avril 1895 il a adressé une supplique au Pape Léon XIII afin de solliciter l’élévation de la Chapelle au titre de Basilique Mineure, avec l’appui de l’Archevêque de Rouen Monseigneur Sourieu et deux évêques originaires du Diocèse Monseigneur Germain évêque de Coutances et Monseigneur Touchet évêque d’Orléans.
Quelques jours plus tard, surprise, quand la Congrégation des Rites signe le décret élevant la Chapelle Notre-Dame de la Délivrande à la dignité de Basilique Mineure.
Et le samedi 13 juillet de cette année 1895 le Secrétariat des Brefs expédie le Bref authentique que le Duc de Gallèse de retour en France remet au Supérieur des Missionnaires le lundi 25 août.
Quels sont donc ces Honneurs et Privilèges attachés au titre de « Basilique » ?
La réception privilégiée du Pape avec les moyens matériels mis à sa disposition lors de sa venue,
- Le parasol (l’ombrellino) destiné à le
protéger et servant d’emblème à la Basilique
- La clochette qui précède le parasol dans les cérémonies pour éloigner les esprits mauvais,
- Les distinctions accordées aux chanoines et les marques matérielles particulières (armoiries, sceau…).
A cela s’ajoutent des moyens spirituels, outre la filiation à une basilique majeure, l’adjonction d’officiants qui permettent d’augmenter le nombre des célébrations.
Ainsi, le fait d’être élevé à la dignité de Basilique, permet à un lieu de culte :
- D’encourager la ferveur des pratiquants,
- D’accroître la célébrité du lieu,
- De drainer un nombre accru de fidèles,
- D’augmenter les grâces offertes.
Et, accessoirement, d’augmenter aussi les revenus de ladite Basilique !
Le 22 août 2025
lors des « Fêtes du Couronnement », nous fêterons cet anniversaire en rendant grâce pour tous les bienfaits que cette « distinction » a apporté à notre sanctuaire Marial.
La statue de notre Vierge est coiffée d’une couronne depuis 1872, année où le Pape Pie IX a délégué le cardinal de Bonnechose, archevêque de Rouen, pour lui rendre cet hommage. Un hommage qui est attribué aux madones qui sont l’objet d’un culte important.
La couronne est un emblème de royauté et de victoire. Jésus n’a porté qu’une couronne d’épines.
C’est au XVIIe siècle que le Comte Alexandre Sforza, pour montrer sa piété envers la Mère de Dieu, envoya à ses frais, des couronnes d’or aux Vierges les plus célèbres de son temps. Depuis 1631, date de cette initiative, plus de 400 couronnes ont été distribuées.
De par la coutume, c’est au Souverain Pontife ou au chapitre de Saint-Pierre qu’est réservé le droit de couronner les statues de la Mère de Dieu. Il délègue un dignitaire apostolique pour présider la cérémonie.